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Qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui? (ps 8, 5)

Dernière mise à jour : 30 nov. 2022

Voici l'éditorial du dernier numéro du journal Le Veilleur. Entrons dans cette période de l'Avent en se laissant rejoindre par la beauté de la dignité humaine et en contemplant le mystère de Dieu qui vient justement se faire l'un de nous.

Un jour que je criais vers Dieu : « Où es-tu? Que fais-tu ? », face à une situation souffrante, les paroles d’un chant me sont montées au cœur : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous. » C’était comme si Jésus me disait : « Je sais que tu as mal, que tu te sens impuissante et révoltée. Je te rejoins dans cette expérience. » Par cela, je saisissais que la plus belle réponse de Dieu face à la souffrance était de nous rejoindre dans notre humanité, en se faisant l’un de nous... si proche, si vulnérable.



Cet engagement profond de Dieu envers l’humanité, non comme un ensemble vague, mais envers chacun de nous personnellement, me retourne intérieurement. « Qu’est-ce que l’Homme pour que tu penses à lui ? », nous dit le psalmiste. Dieu désire être en relation avec moi, avec toi, avec chacun. Au-delà du mérite et des apparences. Au-delà de l’accueil ou du refus qu’on lui offre.

L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur. (Gaudium et Spes 19, 1)

J’ai longtemps mis Dieu de côté, mais cela ne l’a jamais empêché de prendre soin de moi, de m’accompagner dans mes méandres. Ce n’est que bien plus tard que j’ai réalisé combien il a toujours été présent.


Ces jours-ci, nous entrons dans l’Avent. C’est mon temps liturgique préféré pour plusieurs raisons. Il y a d’abord ce réconfort de tout ce qui entoure la fête de Noël : les jours qui raccourcissent, le froid qui s’installe et nous pousse à trouver refuge dans la chaleur de nos foyers, les décorations, les chants, les repas et rencontres familiales. Mais, il y a surtout ce mystère d’un Dieu-Sauveur qui se fait petit Enfant. Un Dieu qui épouse notre condition humaine jusqu’au bout. Acceptant, au terme, d’être humilié, rejeté et mis à mort. Un Dieu qui est venu pour nous révéler notre immense dignité. Par ce numéro du Veilleur dont le dossier porte sur la dignité humaine, puissions-nous contempler ce mystère sous différentes facettes.

J’ai longtemps mis Dieu de côté, mais cela ne l’a jamais empêché de prendre soin de moi, de m’accompagner dans mes méandres. Ce n’est que bien plus tard que j’ai réalisé combien il a toujours été présent.

Je suis bien consciente que tous ne vivront pas le réconfort de Noël, à cause de la pauvreté humaine ou matérielle, de l’instabilité politique, de la guerre ou des violences de toutes sortes. Mon souhait est que Dieu puisse se frayer un chemin vers chacun et, qu’à sa suite, nous puissions nous faire proches de nos frères et sœurs en humanité. Commençons par les personnes qui traversent notre quotidien : nos familles et amis, celles que nous croisons au travail, à l’épicerie, dans les transports en commun. Ce sont tant d’occasions pour donner de notre temps et de nos ressources, pour regarder, sourire, dire une parole gentille. Pour nous faire proche... comme Dieu. Et, ce faisant, révéler à l’autre sa dignité.


Karine Côté, fmj

Éditorial du jounal Le Veilleur numéro 125


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