L'appel : l'écho de Dieu en moi

Dernière mise à jour : 8 avr.




Julie-Pier Bolduc-Lacasse répond à Ange Shimwa, fmj


Bonjour Julie-Pier. Quel privilège pour moi d’échanger avec toi sur ton cheminement à la suite du Seigneur !

Bonjour Ange, ça me fait plaisir.


Pour découvrir ta vocation, tu as fait preuve de persévérance et d’écoute. Qu’est-ce qui t’a aidée à tenir bon dans les moments où tout était remis en question ?

Au moment où je doutais de tout, ce qui m’a aidée à tenir, c’était de revenir à la simplicité et à l’essentiel : arrêter de me poser des questions, choisir de vivre et suivre les élans de l’Esprit Saint qui passe à travers mon cœur. Mais, j’ai aussi choisi la confiance en Dieu et aux autres : la confiance en Dieu, car j’avais besoin de croire que son amour est plus grand que ma petitesse et mes limites ; la confiance aux autres, car j’avais besoin d’être en vérité, vulnérable face à l’autre.


Quels ont été tes défis ?

Il y a eu le défi de la facilité. Je me disais en moi-même : « Il me semble que ce serait plus facile autrement et moins confrontant. » Or, ce qui est plus facile n’est pas forcément plus simple ni plus vrai. Je parlais tout à l’heure de revenir à l’essentiel, et c’était important pour moi de me demander : « Toi, Julie-Pier, de quoi serais-tu fière ? » Je suis fière lorsque je choisis quelque chose en cohérence avec ce qui m’habite.

Un de mes plus grands défis a été de douter de moi et de ce qui m’habite. Je me disais souvent : « Voyons, Julie-Pier, pour qui te prends-tu ? » Le Seigneur attendait ma réponse, mais moi, j’étais toujours là à douter de son appel. C’est comme lorsqu’on est au restaurant et qu’on dit au serveur qu’on ne sait pas quoi manger : « Je veux de la salade », et juste après : « Ah, finalement, je vais prendre ceci », et ensuite : « Oh ! Ça a l’air bon ça aussi », etc. (Rires)


Ce fameux « pour qui te prends-tu ? » qui te rabaissait était-il présent lorsque la question de ta vocation faisait surface ?

Oui. Je pensais que je n’étais pas à la hauteur et cette phrase tournait dans ma tête. J’avais l’impression d’être appelée à la vie consacrée, mais je mettais tellement la vocation religieuse sur un piédestal que ça ne pouvait pas m’arriver à moi ni être pour moi. Lutter contre cette pensée a été mon combat à moi, et j’ai dû me battre aussi pour croire que j’étais aimée, même dans cette situation.

Ce qui m’a aidée à tenir, c’était de me dire : « Julie-Pier, tu n’as pas besoin d’être à la hauteur, tu as juste à vivre ! Le Seigneur te demande de vivre et d’être toi, telle que tu es, devant lui et devant les autres ! Tu n’as pas besoin de mettre de masques ni de te cacher. »


C’est magnifique ce premier appel à la vie et à la liberté. Comment définis-tu la liberté ?

Pour moi, la foi et la liberté vont ensemble, parce que si je ne crois pas que je peux y arriver, je n’oserai pas m’engager à aller plus loin. Même lorsque je pense que je n’en suis pas capable, si j’ose dire oui dans la foi, la liberté s’installe, car c’est moi, dans ma volonté, qui le choisit. Je n’ai pas besoin d’être libre pour déjà répondre à l’appel, puisque ma réponse m’amène à une liberté plus grande. Pour moi, la liberté ce n’est pas faire ce que je pense que Dieu m’appelle à faire ni ce que les autres pensent que je devrais faire, c’est ce que moi, Julie-Pier, je veux réellement. Il m’est arrivé de penser que ça serait plus simple et plus facile de ne pas être libre, mais ça ne révélerait pas la grandeur de la noblesse de Dieu. Je suis enfant de Dieu et il me donne ce cadeau de la liberté. Si je n’étais pas enfant de Dieu, je ne serais pas libre, je serais une esclave ! Quand je fais usage de ma liberté pour le bien et pour ce qui est juste, je goûte vraiment à une force nouvelle en moi.


Quel enseignement ! Merci. Et que signifie pour toi répondre à l’appel de Dieu ? Comment l’illustres-tu ?


L’appel, c’est l’écho de Dieu en moi ! Cet écho, personne ne peut le voir ni l’entendre, moi seule y ai accès. Il y a quelque chose qui résonne en moi et qui peut vibrer autour de moi.

Par exemple, lorsque je suis en montagne, je peux entendre un écho que, plus loin, l’autre n’entend pas, mais il peut sentir vibrer la montagne s’il est attentif. Je pense que c’est la même chose qui se passe quand l’être humain est à l’écoute de l’écho de Dieu en lui.



Donc, selon toi, l’appel transforme. Comment s’est-il manifesté pour toi et par quel processus es-tu passée pour y répondre ?

Oui, tout à fait, l’appel transforme ! Concrètement, j’ai cheminé dans la foi depuis que je suis toute petite. J’ai participé au mouvement des brebis de Jésus et à d’autres mouvements de jeunesse, j’ai cheminé avec la Famille Marie-Jeunesse, j’ai fait les exercices de saint Ignace, je vais à la messe et j’ai aussi vécu les Journées Mondiales de la Jeunesse. La première fois que j’ai senti l’appel à faire confiance à Dieu, je venais justement de vivre les JMJ et d’accueillir l’amour de Dieu-Père. Intérieurement, j’étais prête à me mettre en marche, à prendre des décisions pour Dieu et à accueillir sa volonté.



Ces moments forts d’Église m’ont permis d’apprivoiser la présence de Dieu en moi et dans les sacrements.


Peu à peu, je me suis surprise à constater que plus je découvre Jésus, plus je découvre son amour… et plus je découvre son amour, plus je me découvre en vérité.


La pédagogie de Dieu est extraordinaire ! Quand il appelle une personne, il la guide et se révèle tranquillement à elle. Et ton entourage, quel rôle a-t-il joué dans ce cheminement ?

Le fait de reconnaître ma limite m’a ouvert à l’autre et à l’amitié. C’est parce que ma famille et mes amis m’ont vue démunie que nous pouvons avoir d’aussi bonnes relations aujourd’hui. Je ne savais pas où aller, je doutais, je voyais flou et tout était sans issue. Mon entourage a joué un grand rôle dans ma persévérance. Alors que je n’étais pas capable d’entendre l’écho, j’avais besoin que mes proches me disent les vibrations de la montagne qu’ils sentaient.


Pour finir, quelle est ta plus grande joie à la suite du Christ ?

Ma plus grande joie, c’est de savoir que le Seigneur est toujours présent. Si ce n’était pas le cas, misère ! Seule, vraiment, j’abandonnerais ! (Rires) Même quand je ne le sens plus, au fond de moi, je sais qu’il est là. Il est fidèle, et c’est dans sa fidélité que je range la mienne. Sa présence m’aide à faire mémoire de tous les moments où j’ai cru en son appel et où je me suis sentie libre et que ça respirait la vie !

J’accepte d’être choisie et cela me donne la joie.

Merci infiniment Julie-Pier ! Ton témoignage donne le goût d’être à l’écoute de l’écho de Dieu et de lui faire confiance, patiemment. Bonne continuation à toi.

Merci beaucoup !


Julie-Pier Bolduc-Lacasse

29 ans, Québec


Article paru dans Le Veilleur no 120

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