Le miracle de l'espérance

Mis à jour : mai 12

Entrevue avec Mary Aweel

Pour moi l'espérance n’est pas démodée, surtout en 2020, avec tout ce qui se passe autour de nous ! Aux béatitudes annoncées par Jésus sur la montagne, j’oserais ajouter celle-ci : Heureux ceux qui espèrent en Dieu, car ils verront sa promesse rayonner dans leur vie.” L’espérance est une vertu toujours jeune que nous devons demander au Seigneur, car nous sommes faibles et nous avons besoin de lui !


Dans ma vie, j’ai expérimenté bien des fois que l’espérance m’entraînait toujours plus loin. Fuyant mon pays en guerre, il fallait espérer trouver de quoi manger et trouver un lieu où dormir, espérer que ma famille et moi ayons un avenir meilleur, espérer que l’amour soit plus fort que la haine, espérer que la vie soit plus forte que la mort, espérer que Dieu ne nous avait pas abandonné ! J’ai espéré, jour après jour, que demain serait meilleur qu’hier. J’ai espéré à cause d’une promesse, celle de Dieu dans ce passage formidable de la Parole : “Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand bien même elle l’oubliait, Moi je ne t’oublierai point.” (Is 49, 15) J’avais la certitude intérieure que Dieu veillait sur moi comme un père !


L’espérance est une vertu toujours jeune que nous devons demander au Seigneur, car nous sommes faibles et nous avons besoin de lui !

Telle est mon expérience ! Aujourd’hui, je vous en propose une autre, celle de Mary, une jeune femme qui a fait la rencontre de l’Amour de Dieu alors que la maladie bouleversait sa vie. Je l’interroge sur le fait de croire en l’amour au cœur de l’épreuve. Son témoignage montre que l’amour peut transformer la souffrance et conduire à espérer encore. Elle nous raconte le miracle que l’espérance a produit dans sa vie.


Ange Shimwa, fmj


Bonjour Mary, merci infiniment de nous accorder un peu de ton temps. Nous sommes privilégiés de rencontrer un témoin d’espérance !

Bonjour, cela me fait plaisir de témoigner.

Ton histoire est assez incroyable, Mary. Parle-nous un peu de toi et de cette étape bouleversante de la maladie à laquelle tu as fait face dans ta vie... Comment étais-tu avant que tout bascule ?

Avant que tout bascule, j’étais une athlète et j’étudiais l’anglais à l’université. Comme passe-temps, j’ai eu un salon de coiffure, j’ai étudié l’art et la langue arabe. J’avais des amis, j’avais tout… du moins, je pensais tout avoir.

En 2011, tout a changé dans ma vie ! Je n’avais alors que 24 ans, et j’ai fait un AVC (accident vasculaire cérébral). En fait, depuis toute petite, j’avais un trou dans mon cœur de près de cinq centimètres de diamètre, et c’est ce trou qui a provoqué mon AVC. Il était à un niveau 4, il n’y avait aucune espérance de vie pour moi. J’ai été dans le coma pendant un mois, ne pouvant pas respirer par moi-même et toute l’équipe médicale pensait que j’allais mourir. Les médecins avaient même demandé à ma mère de préparer ce qu’il faut pour mon décès. Quand j’ai ouvert les yeux, c’était vraiment un miracle !

J’ai été dans le coma pendant un mois, ne pouvant pas respirer par moi-même et toute l’équipe médicale pensait que j’allais mourir. Quand j’ai ouvert les yeux, c’était vraiment un miracle !

Incroyable ! Que s’est-il passé en toi exactement ?

Après un mois de coma, j’ai commencé à entendre les sons et les voix. Cela a duré une semaine. Puis, j’ai commencé à ouvrir les yeux. Un médecin était là, devant moi, les larmes aux yeux et il a dit : “C’est un miracle !”

Comment te sentais-tu à ce moment-là ?

Quand je me suis réveillée, j’ai eu peur, car je ne comprenais pas ce qui se passait. Lorsque j’essayais de boire de l’eau, de bouger mes membres ou de demander quelque chose, je ne le pouvais pas. Je n’arrivais pas encore à parler, et je sentais bien qu’il y avait un problème. Tout mon corps était paralysé. Comme j’étais une athlète avant, je me demandais quelle était la raison de ma présence sur ce lit d’hôpital, mais je n’ai jamais posé la question aux soignants. Ne comprenant pas bien la situation, je pensais que ce n’était pas si grave, que c’était probablement une grippe, et je me disais : “Demain, je vais retourner à l’université ; demain, ce sera terminé. 

Quand j’ai constaté que la situation ne changeait pas, je me suis raisonnée : “Pourquoi ai-je peur ? Dieu m’a protégée, il est resté avec moi, et je ne vais pas mourir. Il ne m’abandonnera pas maintenant. Même si j’étais dans le feu, il me protégerait !” Avec cette certitude en moi, la peur s’en est allée. J’ai commencé à bouger et tout s’est amélioré très vite.

Cette certitude que « Dieu est avec toi » t’habite profondément, cela se sent, et c’est magnifique, Mary ! T’est-il arrivé de te révolter contre Dieu dans cette épreuve ?

J’ai toujours pensé que c’était mieux que cela m’arrive à moi plutôt qu’à quelqu’un d’autre, parce qu’il y a des gens qui ont des problèmes plus graves ! Et moi, intérieurement, je continuais à dire : “Merci Seigneur, car tu m’as protégée !” Je n’ai jamais pensé demander à Dieu : “Mais pourquoi cela m’arrive à moi ?



Merci de nous rappeler que dire merci au Seigneur dans ce que nous vivons aide beaucoup à accepter et bien vivre les situations. Tu es une femme de foi, comment vivais-tu ta foi avant l’AVC ?

Avant l’AVC, je croyais en Dieu, mais je n’allais pas à la messe. Je n’avais jamais pensé qu’un jour j’allais prendre le temps de m’asseoir et de lire la Bible. Non, jamais ! (Rires)

Si je comprends bien, tu croyais en Dieu, mais sans forcément pratiquer.

Pour moi, je pratiquais en essayant d’être une bonne personne : j’essayais de ne pas dire de mauvaises choses sur les gens, et si quelqu’un faisait de mauvaises choses contre moi, j’essayais de ne pas faire pareil. J’ai toujours pardonné aux autres : c’est normal pour moi.